Culture

Une compétence régionale exclusive

La culture est une compétence que la Région partage avec les autres collectivités. La direction actuelle d’Auvergne-Rhône-Alpes y a consacré un budget de 17 millions d’euros pour l’année 2020.  

Ses compétences portent sur :    

  • La réalisation de l’inventaire général du patrimoine et des enseignements artistiques ; 
  • L’élaboration d’un schéma régional de développement des enseignements artistiques dans les domaines de la musique, de la danse et de l’art dramatique ;  
  • La protection du patrimoine culturel et la préservation des langues régionales ;  
  • La promotion de la diversité culturelle et le soutien à la création artistique. 

Chiffres clés  

La région Auvergne-Rhône-Alpes : 

  • Est la 2ème région en termes d’emplois artistiques et culturels avec 70 000 actifs, ce qui représente 10% des emplois artistiques et culturels en France ; 
  • Compte 1 589 équipements culturels en 2016 (lieux de visite, lieux de lecture publique, cinémas, création et diffusion de spectacle vivant et enseignement). 

Les enjeux  

Contraint de limiter, voire de mettre à l’arrêt son activité, le secteur artistique et culturel sort fragilisé de la crise du covid-19, que ce soit les cinémas, les musées, les théâtres, les salles de spectacles et de concerts. À l’échelle de l’Union européenne, la culture est le deuxième secteur le plus touché par la crise sanitaire, derrière le secteur aérien, enregistrant un recul de 31.2% de son chiffre d’affaires en 2020, d’après une étude d’EY (Ernst & Young et associés). Les acteurs culturels souhaitent recevoir un soutien des pouvoirs publics : plusieurs pétitions et tribunes ont défendu un « new deal culturel » national voire européen.   

Cependant, lors de la crise sanitaire la culture a su faire preuve d’imagination pour continuer d’exister grâce à des initiatives artistiques originales telles que les danses et les concerts sur les balcons ou encore l’investissement massif des réseaux sociaux. À la suite de ces solutions à court terme, certains proposent de réinventer la culture afin de promouvoir une nouvelle dynamique.  

Principales propositions des candidats  

Voici une présentation des principales orientations des programmes des listes qui se présentent aux élections régionales de 2021 en Auvergne-Rhône-Alpes (par ordre alphabétique selon le nom de la tête de liste).  

Andréa Kotarac, « Une région qui vous protège » 

Andréa Kotarac souligne l’importance de la culture, qui constitue selon lui l’essence de l’Homme. Prenant pour exemple le succès du Puy du Fou, un spectacle populaire qui a permis de replonger le public dans l’histoire et l’identité du territoire français, Andréa Kotarac pense que la culture doit s’adapter à la demande locale. Il faut innover et promouvoir une forme de culture de spectacles locaux valorisant le passé, les personnages historiques et l’identité des territoires de la Région. Agnès Marion, ancienne conseillère régionale, œuvre à la conception de la vision et du programme de la liste en matière de culture.  

Bruno Bonnell, « #AURALP » 

Bruno Bonnell pense que le monde de la culture est essentiel dans la construction d’une identité du territoire. La culture fait partie des deux premières priorités de son programme. A cet égard, Bruno Bonnell entend faire du savoir, de la culture et de la formation sa première vice-présidence et d’y accorder le premier budget de la région. Il souhaite également organiser un maillage des acteurs culturels afin de promouvoir une dynamique culturelle régionale, tout en leur laissant le plus de liberté possible. Bruno Bonnell fustige ce qu’il appelle l’« arbitrage idéologique de la culture » et refuse de favoriser telle ou telle forme de culture, mettant en avant l’importance de les traiter de manière équitable. Il prévoit de soutenir la culture dès l’ouverture des lieux culturels, en agissant sur deux plans. D’une part, en soutenant les organisations culturelles à entreprendre leurs projets, notamment en mettant en place une plateforme pour faciliter la recherche de sponsors et d’aides. D’autre part, en attirant le public à venir assister à des manifestations culturelles, en prenant en charge la moitié du prix du billet, par exemple. 

Cécile Cukierman « Ensemble pour notre région » 

Cécile Cukierman souhaite développer les emplois dans le secteur culturel, notamment grâce aux aides accordées aux entreprises culturelles et sociales, à une meilleure répartition du budget de la culture entre les grandes institutions et les petites structures culturelles et à l’adhésion du conseil régional au GIP-Café Culture. Elle entend également lutter contre les inégalités d’accès à l’offre culturelle, notamment pour les habitants des zones rurales, financer l’éducation artistique et culturelle en milieu scolaire et favoriser l’implantation d’artistes dans la Région grâce à la création de résidence d’artistes et à une politique de « culture à loyer modéré ». Il s’agit également de développer les paniers culturels dans la Région, en ciblant les personnes les plus touchées par la crise sanitaire tout en promouvant un circuit-court de l’art dans le cadre d’une économie solidaire.  

Chantal Gomez, « Faire entendre le camp des travailleurs »  

Chantal Gomez félicite les professionnels de la culture qui ont su se mobiliser et lutter pour se faire entendre lors de la crise sanitaire. Elle souligne la contradiction du gouvernement qui a autorisé l’ouverture des églises mais qui a refusé celle des lieux culturels. Elle dénonce le chômage de masse qui affecte les acteurs de la culture, que ce soit les artistes ou les intermittents du spectacle. Elle souhaite rendre la culture plus accessible à tous les publics.  

Fabienne Grébert, « Les écologistes d’AuRa » 

Fabienne Grébert prévoit de lancer une « plan de revitalisation de la culture » afin d’identifier les difficultés financières et organisationnelles de la culture et mettre en place un dispositif de soutien différencié selon la taille des projets, les soutiens déjà accordés ou les mesures de réduction de l’emprunte carbone, par exemple. Elle souhaite également soutenir le contrat emploi/formation dans les filières artistiques et culturelles, protéger l’enseignement des langues régionales et soutenir les résidences longues d’artistes.  

Farid Omeir, « Agir pour ne plus subir » 

Farid Omeir, membre de l’Union des démocrates musulmans français, souhaite défendre les droits de la communauté musulmane et empêcher que le gouvernement ne « ferme des écoles musulmanes, des mosquées, parfois même des clubs sportifs sous des prétextes fallacieux ». 

Laurent Wauquiez, « La Région avec toutes ses forces » 

Laurent Wauquiez dénonce le communautarisme dans le secteur culturel, d’où son refus que l’Arabie Saoudite finance à hauteur d’un million d’euros le centre culturel musulman de Lyon. Dans cette même perspective, il reproche à la ville de Grenoble d’avoir participé au financement du CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France), une association qu’il considère islamiste, et d’adopter des positions ambiguës par rapport à la « semaine de la décolonisation ».  

Najat Vallaud-Belkacem, « L’Alternative » 

Najat Vallaud-Belkacem entend soutenir la culture et le bénévolat en multipliant par dix le budget alloué aux associations, ce qui représente 150 millions d’euros. Elle souhaite promouvoir les activités périscolaires, l’éducation populaire, l’accès au sport et les aides aux plus fragiles. Convaincue qu’à l’issue de la crise sanitaire la France va « vivre un âge d’or de la culture », Najat Vallaud-Belkacem prévoit d’engager un grand plan de relance pour la culture, les langues régionales et la réduction des fractures entre les territoires et générations.  

Shella Gill, « Union essentielle »  

En tant qu’ancienne professionnelle du milieu associatif culturel, Shella Gill souligne l’importance de la culture et déplore l’absence de solutions mises en place pour permettre la continuité de l’activité du secteur artistique et culturel. Elle souhaite soutenir la culture en lui donnant les moyens d’exister en période de crise sanitaire, notamment en organisant des cours en extérieur ou en accordant des dérogations aux activités dans des stades et des gymnases grands et ventilés. 

Sources :  

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