Environnement 

Une compétence régionale exclusive  

La protection de l’environnement peut être pensée à plusieurs niveaux : l’économie, l’enseignement, la formation, le tourisme ou encore la mobilité. En particulier, la compétence régionale «aménagement du territoire et environnement » accorde une large place à la protection de l’environnement.  

L’aménagement du territoire et environnement est une compétence exclusive de la Région. L’actuelle direction de la région Auvergne Rhône-Alpes y a consacré 153 millions d’euros pour l’année 2020, ce qui équivaut au 6ème poste budgétaire de la région.  

Ses compétences portent sur :                             

  • L’élaboration d’un schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) qui établit des objectifs en matière d’aménagement du territoire (ex : l’équilibre et l’égalité des territoires, l’implantation d’infrastructures d’intérêt régional, le désenclavement des territoires ruraux, etc.) et en matière de développement durable (ex : valorisation de l’énergie, lutte contre le changement climatique, amélioration de la qualité de l’air et protection de la biodiversité, etc.) ;             
  • La gestion des parcs naturels régionaux ;           
  • La définition d’un plan régional de gestion des déchets ;         
  • La participation à des missions d’animation et de concertation en matière de gestion de l’eau et des milieux aquatiques.  

Chiffres clés  

La région Auvergne Rhône-Alpes : 

  • Couvre 70 000 km2, une surface comparable à celle de l’Irlande, ce qui représente 12% de l’espace national ; 
  • Comprend 9 parcs naturels régionaux ; 
  • Est une région fortement productrice d’énergie, les énergies renouvelables représentent le tiers de sa production, portée par l’hydroélectricité et le bois énergie ;  
  • A vu sa consommation énergétique diminuer de 7% par rapport à 2005 ; 
  • A vu ses émissions de gaz à effet de serre (hors gaz fluorés) diminuer sur l’ensemble des secteurs sauf dans les transports, en 2018 par rapport à 1990-2005.  

Les enjeux  

L’environnement figure à la première place des préoccupations des jeunes Français de 18-30 ans, devant l’immigration et le chômage, d’après une étude menée en 2019 par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc). L’année 2019 a été marquée par les grèves étudiantes pour le climat, lancées par la jeune militante suédoise Greta Thunberg. Cette dynamique écologiste s’est notamment traduite dans les urnes avec la montée en force d’Europe Écologie les Verts (EÉLV) au Parlement européen, arrivés troisièmes aux élections européennes de 2019. Cette lancée s’est poursuivie l’année suivante lors des élections municipales de 2020 à Lyon avec la victoire de Grégory Doucet, le candidat d’EÉLV.  

Les préoccupations des jeunes concernant l’environnement sont multiples, avec en tête le déclin de la biodiversité (61%), le dérèglement climatique (56%), la pollution (61%) et l’épuisement des ressources (33%), d’après un sondage réalisé auprès des 18-23 ans par Parole aux Jeunes en 2019. Dans ce sens, la plupart des jeunes Français (95%) estiment que les politiques publiques sont insuffisantes.  

Principales propositions des candidats  

Voici une présentation des principales orientations des programmes des listes qui se présentent aux élections régionales de 2021 en Auvergne-Rhône-Alpes (par ordre alphabétique selon le nom de la tête de liste). 

Andréa Kotarac, « Une région qui vous protège » 

Co-fondateur du parti localiste, qui œuvre pour l’écologie et la décentralisation, Andréa Kotarac compte parmi ses priorités le « localisme, bon pour l’économie et l’environnement ». Il souhaite engager des solutions écologiques en mettant en avant le savoir-faire français, notamment dans des filières d’avenir telles que les panneaux photovoltaïques. Il dénonce la façon dont l’écologie est traitée par ce qu’il nomme les « écologistes politiques ».    

Bruno Bonnell, « #AURALP » 

Estimant que la transition écologique est une « transition de société », Bruno Bonnell entend y accorder un budget de plusieurs milliards d’euros. L’écologie est un pilier important et c’est pour cette raison qu’il ne doit pas être traité à part mais envisagé dans chaque politique mise en œuvre. Bruno Bonnell souhaite notamment développer les transports ferroviaires afin d’améliorer la qualité de l’air dans les villes, réduire les embouteillages et créer des zones à faibles émissions. 

Cécile Cukierman « Ensemble pour notre région » 

D’abord, Cécile Cukierman prévoit d’engager une « bifurcation écologique ». Elle souhaite favoriser les productions locales génératrices d’emplois non délocalisables et conditionner les aides régionales aux entreprises sur la base de critères sociaux et écologiques. Aussi, elle souhaite développer les circuits courts, mettre en œuvre un tourisme quatre saisons en montagne et faciliter son accès à tous et promouvoir l’agriculture biologique tout en s’assurant que les personnes précaires puissent bénéficier d’une alimentation bio. Enfin, investir dans les parcs naturels régionaux, soutenir les déplacements à vélo, développer les transports publics et garantir leur gratuité pour les étudiants et les jeunes âgés de moins de 25 ans sont autant d’enjeux qui font l’objet d’une attention particulière dans son programme. Ensuite, Cécile Cukierman souhaite lancer une « bifurcation énergétique », en soutenant les projets citoyens en matière d’énergies renouvelables et en lançant un grand plan sur la consommation énergétique, le développement des énergies renouvelables et la rénovation énergétique.  

Chantal Gomez « Faire entendre le camp des travailleurs »  

Pour le moment, nous n’avons pas connaissance du programme de cette liste concernant l’environnement. Nous viendrons compléter cette section si de nouvelles informations sont dévoilées.   

Fabienne Grébert, « Les écologistes d’AURA » 

Fabienne Grébert accorde une place centrale à la transition écologique dans son programme et compte y engager 3,6 milliards d’euros d’investissements. La liste se fixe comme objectif minimal une baisse de 55% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990 et a pour ambition de multiplier par deux les installations d’énergies renouvelables d’ici 2030 par rapport à 2015. La liste souhaite aussi encourager les projets citoyens d’énergie renouvelable, notamment avec des subventions et des avances remboursables. Fabienne Grébert prévoit d’investir 600 millions d’euros pour la rénovation énergétique des bâtiments et l’écoconstruction. Grâce aux contrats locaux de transition, la liste souhaite accompagner les collectivités locales en matière de transition écologique et solidaire. Sur le plan économique, Fabienne Grébert entend conditionner les subventions aux entreprises sur la base de critères écologiques, favoriser l’économie circulaire, sociale et solidaire, développer la filière photovoltaïque, promouvoir un tourisme quatre saisons et soutenir les producteurs locaux, notamment les agriculteurs en préservant les exploitations agricoles et en privilégiant les produits locaux dans les cantines. En matière de mobilité, Fabienne Grébert s’engage à décarboner les transports, notamment en favorisant les déplacements en trains et à vélo avec la création de 640 km de voies vertes.  

Farid Omeir, « Agir pour en plus subir » 

Pour le moment, nous n’avons pas connaissance du programme de cette liste concernant l’environnement. Nous viendrons compléter cette section si de nouvelles informations sont dévoilées.  

Laurent Wauquiez, « La Région avec toutes ses forces » 

Laurent Wauquiez entend préserver la qualité de l’air et hisse cet objectif au statut de grande cause régionale, « La grande cause régionale du prochain mandat sera la qualité de l’air ». Il promeut la relocalisation de la production, le développement de la filière hydrogène afin de faire de l’Auvergne Rhône-Alpes la première région française de l’hydrogène vert. Il prévoit également la fin de l’enfouissement des déchets d’ici 2030 et la mise en place de 200 kilomètres de voies vertes. Laurent Wauquiez souhaite également faire de la Région la première montagne durable, en mettant en place des ascenseurs valléens pour limiter les trajets en voitures vers les stations de ski ou en utilisant du matériel plus respectueux de l’environnement tel que l’hydrogène, par exemple. Ces mesures en faveur de la protection de l’environnement doivent passer par la rigueur budgétaire, car Laurent Wauquiez estime que « le développement durable consiste à ne pas laisser de dette à nos enfants ».  

Najat Vallaud-Belkacem, « L’Alternative » 

Najat Vallaud-Belkacem défend une « écologie populaire » et souhaite que la Région soutienne la réhabilitation thermique de 100 000 logements, l’accès au train et au vélo et s’assure que tous les habitants puissent consommer des produits locaux de qualité. La création d’un parlement climatique régional, situé à Clermont-Ferrand qui rassemblera des citoyens et des experts d’ONG et œuvrera à la transition écologique en proposant et en évaluant des politiques régionales s’inscrit également dans ce qu’elle appelle l’« écologie populaire ». De plus, la constitution d’un fond dédié aux aléas climatiques permettra d’aider notamment les agriculteurs. Un plan de 2 milliards d’euros sera consacré à la transition économique de la montagne et au tourisme vert. Najat Vallaud-Belkacem entend soutenir la recherche et l’innovation dans le domaine des énergies renouvelables et de l’agroécologie. 

Shella Gill, « Union essentielle »  

Shella Gill se définit comme une « farouche défenseuse de la nature et de l’environnement ». La protection de l’environnement fait partie des engagements de la liste Union essentielle qui prévoit de tenir compte de l’impact écologique de chaque décision prise au niveau régional. Shella Gille souhaite également soutenir les producteurs locaux, développer les circuits courts, l’agriculture biologique et promouvoir les transports en commun afin de réduire les trajets effectués en voiture et ainsi désengorger les villes. 

Sources :  

Categories:

Tags:

Comments are closed