Emploi et Formation  

Une compétence régionale exclusive  

La Région a pour compétence exclusive l’emploi, la formation professionnelle et l’apprentissage. L’actuelle direction d’Auvergne-Rhône-Alpes y a consacré un budget de 328 millions d’euros pour l’année 2020, ce qui correspond au 4ème poste budgétaire de la région.  

Ses compétences en matière d’emploi et de formation portent sur :                                                                                         

  • L’élaboration d’une politique de formation professionnelle des jeunes et des demandeurs d’emploi ainsi que d’une politique d’apprentissage ;   
  • La gestion des formations sanitaires et sociales (infirmiers, aides-soignants, éducateurs spécialisés, etc.) ;             – 
  • L’animation des opérateurs du service public de l’emploi (maisons de l’emploi, Cap emploi, etc.).  

Chiffres clés  

En matière d’emploi, la région Auvergne-Rhône-Alpes affiche : 

  • Un taux d’emploi de 66.3% ; 
  • Un taux de chômage de 6.4% avec 474 880 demandeurs d’emploi de catégorie A.  

En matière de formation, la région Auvergne-Rhône-Alpes compte :   

  • 59 076 apprentis formés sur un site de formation ; 
  • 24 000 étudiants en formation sanitaire et sociale. 

Les enjeux  

La crise sanitaire a engendré une crise économique sans précédent, le PIB de la France a diminué de 8.3% et 360 000 emplois ont été supprimés en 2020, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Par ailleurs, la majorité des entreprises a eu recours à l’activité partielle lors du premier confinement de mars 2020 (81%), touchant davantage les ouvriers et les employés que les cadres, d’après une étude de l’institut de sondage CSA. Dans un tel contexte, 2/3 des demandeurs d’emploi et 1/3 des salariés interrogés affirment que la crise sanitaire a modifié leur projet professionnel. Désormais, 47% des demandeurs d’emploi et 29% des salariés veulent commencer une nouvelle formation professionnelle et/ou se reconvertir pour 44% des demandeurs d’emploi et 28% des salariés interrogés.  

Par ailleurs, alors que la région Auvergne-Rhône-Alpes compte près de 500 000 chômeurs, dans quelle mesure la formation professionnelle et la création d’emplois sont-elles des priorités et comment les favoriser ? La crise économique engendrée par la crise sanitaire change-t-elle la donne ? Jusque-là, l’actuelle direction de la Région avait diminué le budget dédié à la formation professionnelle qui était passé de 576,5 millions d’euros en 2015 à 468,7 millions d’euros en 2017 ainsi que le nombre d’entrées en formation qui avait diminué de 56% entre 2017 et 2018.  

Enfin, la formation et l’emploi de l’avenir est un enjeu crucial étant donné que 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore d’après une étude publiée par Dell et l’Institut pour le futur. En effet, le monde du travail fait face à de rapides mutations, portées notamment par la révolution numérique, l’intelligence artificielle, la robotique ou encore la transition écologique.    

Principales propositions des candidats  

Voici une présentation des principales orientations des programmes des listes qui se présentent aux élections régionales de 2021 en Auvergne-Rhône-Alpes (par ordre alphabétique selon le nom de la tête de liste). 

Andréa Kotarac, « Une région qui vous protège » 

Andréa Kotarac souhaite protéger les emplois en soutenant les industries de la Région. Par exemple, le Rassemblement National (RN) a défendu l’entreprise de FerroPem devant le Conseil Régional, l’un des premiers producteurs mondiaux de Silicium métal qui est menacé de fermeture.  La liste prévoit également d’alléger les charges administratives afin de faciliter la vie des agriculteurs et des artisans mais aussi de soutenir le tourisme, source d’emplois non délocalisables.   

Bruno Bonnell, « #AURALP » 

La formation fait partie des deux premières priorités du programme de Bruno Bonnell qui estime qu’« il faut mettre le paquet » sur la formation car elle constitue « la clé de l’emploi de demain ». Il prévoit de faire du savoir, de la culture et de la formation sa première vice-présidence et d’y accorder le premier budget de la Région.  

Cécile Cukierman « Ensemble pour notre région » 

À propos de l’emploi, Cécile Cukierman souhaite promouvoir les productions locales qui créent des emplois non délocalisables dans l’artisanat, l’économie sociale et solidaire, l’industrie et l’agriculture.  

Il est également question de soutenir l’emploi, lutter contre les licenciements et aider les salariés à reprendre les entreprises sous la forme de coopérative, notamment grâce à une prise de participation de la Région au capital. Au sujet des formations professionnelles, Cécile Cukierman prévoit de soutenir l’orientation publique et accessible, accroître le budget de la formation professionnelle continue, notamment pour la reconversion ou l’insertion des jeunes dans le monde du travail et lancer un plan d’investissement régional pour les formations sanitaires et sociales dans le but d’augmenter le nombre de professionnels dans ce secteur.  

Chantal Gomez, « Faire entendre le camp des travailleurs »  

En matière d’emploi, Chantal Gomez entend redonner le pouvoir aux travailleurs grâce à une meilleure répartition du travail afin de lutter contre le chômage et la précarité, une augmentation des salaires, retraites et allocations ainsi qu’un contrôle de l’économie et des entreprises par les salariés. Cette ambition s’inscrit dans la volonté de la liste de fonder « une autre société [qui] raisonnerait autrement, en fonction des besoins de tous, il faut embaucher, il y a de quoi créer des emplois ! ».  

Fabienne Grébert, « Les écologistes d’AuRa » 

En ce qui concerne la formation professionnelle, Fabienne Grébert prévoit de soutenir les formations dédiées aux métiers peu pourvus et aux métiers de la transition écologique. Afin de rendre ces formations accessibles à tous, elle entend accorder des aides en matière de logement, de frais de transports ou bien de garde d’enfants pour les personnes en formation qui en auraient besoin. Fabienne Grébert souhaite également lutter contre le chômage de longue durée, en soutenant les entreprises éphémères, les expérimentations « Territoire zéro chômeur de longue durée » ou bien les entreprises d’insertion. En ce qui concerne l’emploi, Fabienne Grébert entend encourager l’emploi local dans les PME et soutenir leur transition écologique. Elle souhaite également favoriser l’Économie Sociale et Solidaire et créer 100 000 emplois verts d’ici 2026.  

Farid Omeir, « Agir pour ne plus subir » 

Estimant que les politiques actuellement mises en œuvre mettent à mal les populations les plus précaires, Farid Omeir entend augmenter de plusieurs millions d’euros les aides à la formation professionnelle, notamment en matière de chômage et de reconversion.   

Laurent Wauquiez, « La Région avec toutes ses forces » 

La relocalisation des emplois de la Région est l’une des priorités de Laurent Wauquiez qui déclare « ce qu’on veut défendre, c’est la fabrication française ». A cet effet, Laurent Wauquiez a visité deux entreprises locales de la commune de Charroux : Les Bougies de Charroux et une Huilerie-Moutarderie. En matière de formation, Laurent Wauquiez souhaite promouvoir l’apprentissage des jeunes.  

Najat Vallaud-Belkacem, « L’Alternative » 

Dans une région qui compte près de 500 000 chômeurs, Najat Vallaud-Belkacem entend assurer 500 000 formations professionnelles sur l’ensemble de son mandat et estime qu’il est possible de créer 200 000 emplois orientés vers l’économie verte en cinq ans. Afin de soutenir l’activité professionnelle des jeunes de 18 ans à 30 ans, Najat Vallaud-Belkacem souhaite que la région se porte garante de leur premier emploi, prenne en charge la formation, le logement et le déplacement. Elle compte également soutenir les jeunes entrepreneurs grâce à un prêt à taux zéro, allant jusqu’à 50 000€.  

Shella Gill, « Union essentielle »  

Parmi les engagements de la liste Union essentielle, figure « Prioriser la formation professionnelle des jeunes pour leur insertion dans le monde professionnel ». Shella Gill souhaite d’abord orienter les filières d’apprentissage pour l’insertion professionnelle des jeunes vers l’agriculture, qui est essentielle pour la production de produits locaux de qualité et à bas coût, puis vers le commerce et l’artisanat. Elle souligne également que le sport peut être une voie efficace pour favoriser l’insertion professionnelle de jeunes en difficulté, comme l’a proposé le chef de la liste Cantal.   

Sources :    

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