Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez nait en 1975 à Lyon, son père est banquier et sa mère est maire d’une commune rurale. Très vite, il quitte sa région natale pour suivre ses études à Paris. Il passe d’abord par les bancs de Louis-Le-Grand et de la classe préparatoire Henri IV avant d’intégrer l’ENS et l’Université Panthéon-Sorbonne où il s’illustre en tant que major de l’agrégation d’histoire. Finalement, il poursuit sa scolarité à Sciences Po Paris, puis à l’ENA dont il sort major de promotion.

C’est probablement sa rencontre avec le ministre Jacques Barrot avec lequel il se lie d’amitié au cours d’un stage, qui marque le début de sa carrière politique. Il débute son parcours professionnel en tant qu’auditeur au Conseil d’Etat dès sa sortie de l’ENA en 2001. A 29 ans, après la démission du mandat de son mentor, il devient le plus jeune député de l’Assemblée nationale pour l’UMP. En 2007, il est nommé porte-parole du gouvernement Fillon, avec lequel il avait déjà travaillé dans le cadre d’un rapport sur l’attribution des bourses scolaires que Laurent Wauquiez souhaitait généraliser. L’année suivante, en 2008, il travaille aux côtés de Christine Lagarde pour réformer l’assurance chômage. C’est de là que nait Pôle emploi ainsi que la réforme de la formation professionnelle.

La même année, il crée son propre parti: Nouvel oxygène. Dans cette optique, il lance également “La droite sociale” en 2010 dont l’objectif affiché est d’imaginer une politique de droite fondée sur un Etat fort et une justice sociale. Il y dénonce l’assistanat favorisé selon lui par les politiques publiques. A ce titre il propose trois mesures (auxquelles s’opposent Nicolas Sarkozy et François Fillon) parmi lesquelles l’instauration de cinq heures de « service social » par semaine pour les allocataires du revenu de solidarité active (RSA), ainsi que le plafonnement du cumul des minimas sociaux à 75 % du montant du SMIC.

C’est également en 2010 que Laurent Wauquiez prend véritablement sa place dans le paysage politique de la droite française en devenant ministre chargé des Affaires européennes, puis ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en 2011. Il affirmait alors des positions franches contre ce qu’il nomme l’antidumping des entreprises qui ne remplissent pas les critères en matière environnementale et sociale. La défense de ce “protectionnisme moderne” lui attire de nouveau la foudre de certains hommes politiques de droite, dont Jean-François Copé.

Cependant, bien que ses positions aient parfois été en contradiction avec ses pairs qui le taxent parfois de radicalisme, Laurent Wauquiez est bel et bien un homme politique important de la droite. En 2014, il devient secrétaire général de l’UMP, un an après avoir fait parler de lui comme ardent opposant au projet du mariage pour tous. En 2017, il est élu à la tête des Républicains avec près de 75% des voix ; poste duquel il démissionne en 2019. Le 5 février 2015, il est préféré à Michel Barnier, et devient candidat de l’UMP pour les élections régionales. Enfin, le 4 janvier 2016, il est élu président du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Grandes lignes du programme de la liste “La région avec toutes ses force”

Ainsi, sans surprise, le programme du candidat de “La région avec toutes ses forces” se fonde sur des valeurs fidèles à la droite pour tenter de conquérir une deuxième fois les voix des habitants de la Région.

Sécurité: “La sécurité sera la priorité du prochain mandat”

Le 23 mai, Laurent Wauquiez a annoncé un “plan d’action contre l’insécurité” de 300 millions d’euros qui souligne sa conviction selon laquelle la fermeté est le meilleur moyen de lutter contre la délinquance:  “il faut dire stop. Les gens qui ne respectent pas les règles de la République ne peuvent pas bénéficier des aides de la République”. Alors qu’il affirme avoir alloué 160 millions d’euros à la sécurité lors de son premier mandat pour doubler les effectifs de la police ferroviaire, équiper la police municipale et déployer 6000 caméras de vidéosurveillance, Laurent Wauquiez souhaite aller encore plus loin car il estime que la région Auvergne Rhône-Alpes “est frappée d’une vague de violence”: rodéos urbains à Lyon, trafics de drogues ou encore montée du harcèlement à l’école qui concerne un élève sur cinq. Il propose ainsi de supprimer les aides allouées aux délinquants, de durcir les peines de prison, d’expérimenter un système de reconnaissance faciale et de créer des “brigades régionales de sécurité”. Enfin, il souhaite également équiper les commerçants de boutons d’alertes reliés aux commissariats. Ce dispositif pourrait également servir aux femmes dans l’optique de lutter contre les violences conjugales.

Cette priorité de la lutte contre la délinquance semble être partagée par les sondés selon Ipsos, car c’est la priorité de 40% d’entre eux.

Les lycées: continuer d’améliorer la qualité de vie dans les lycées

L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche défend son bilan en termes d’éducation car il estime avoir amélioré qualitativement la vie dans les lycées. Cela se concrétise tout d’abord en les sécurisant davantage. Il ajoute avoir également permis aux lycéens de mieux manger en doublant la part des entreprises régionales sur ce marché, ce qui a permis d’inclure des produits d’agriculture locale dans les assiettes. De plus, il a lancé un plan de rénovation des lycées, dont bénéficie par exemple le lycée de Villeurbanne, plan auquel vient se rajouter la gratuité des manuels scolaires, et la carte Pass’ Région qui permet aux jeunes d’obtenir des réductions pour financer leurs loisirs. Enfin, il a lancé six projets de nouveaux lycées qui seront inaugurés dans les deux prochaines années, comme le nouveau lycée de Gerland ou encore le micro-lycée à Riom pour les jeunes décrocheurs.

Si ses adversaires lui reprochent d’avoir diminué les crédits affectés à la formation professionnelle, Laurent Wauquiez se défend en dénonçant l’inefficacité des “stages parkings”. Pour compenser leur suppression, il est fier d’annoncer avoir augmenté dans le même temps l’apprentissage de 25%.

La montagne: le grand plan Montagne

Alors qu’il avait déploré en janvier les actions du gouvernement qui avait annoncé la fermeture des remontées mécaniques, Laurent Wauquiez avait annoncé le “grand plan Montagne”. Ce « plan Marshall régional » a permis selon lui de soutenir l’économie de la montagne grâce à l’extension des aides de solidarité ainsi que du dispositif de chômage partiel, et le financement de canons à neige.

Alors que le Premier Ministre Jean Castex a annoncé débloquer 600 millions d’euros pour moderniser la Montagne, Laurent Wauquiez salue l’initiative, mais la trouve insuffisante. Cependant, il se dit “déterminé” à travailler avec l’Etat pour sauver le secteur touristique qui est le premier employeur de la Région. Pour cette raison, il veut débloquer 200 millions d’euros supplémentaires d’aides régionales.

Le social: lutter contre l’assistanat et permettre à tous l’accès aux soins

En évoquant le gaspillage de l’argent public notamment en faveur de ce qu’il nomme “l’assistanat”, Laurent Wauquiez a défendu le résultat de son mandat durant lequel il affirme ne pas avoir augmenté les impôts, ni la dette.

Mais surtout, il veut faire de la santé une des priorités de son prochain mandat. Ainsi, il se félicite d’avoir doublé le nombre de maisons de santé afin de lutter contre les déserts médicaux, et d’avoir réagi rapidement à la crise du covid grâce à la distribution de masques et la mise en place de vaccinodromes. Dans cette optique, il souhaite garantir le rayonnement à l’international de la Région en accueillant l’Académie mondiale de formation de l’OMS à Lyon.

L’écologie: préserver la qualité de l’air

Pendant la crise des Gilets Jaunes, Laurent Wauquiez annonçait vouloir instaurer non pas “une écologie punitive” comme celle du gouvernement, mais une “écologie positive”.  Il dit ne pas vouloir tomber dans “l’écologie extrémiste et sectaire” prônée par les Verts selon lui à travers la proposition des repas sans viande. La politique environnementale doit avant tout passer par l’innovation.

Préserver la qualité de l’air est l’un des grands axes du programme du candidat LR qui veut faire de la région Auvergne Rhônes-Alpes, la région la plus propre de France. Il affirme avoir doublé les investissements de la Région en faveur de l’environnement au cours de son mandat. Il promeut en particulier l’aménagement de 200 kilomètres de voies vertes et la première place de l’Auvergne Rhône Alpes pour l’hydrogène vert en France. Enfin pour lui, le développement durable passe aussi par la rigueur budgétaire: “le développement durable consiste à ne pas laisser de dettes à nos enfants”.

Cependant, la diminution de subventions accordées à certaines associations œuvrant pour la sensibilisation au changement climatique au début de son mandat a fait débat.

Les transports: un RER à la lyonnaise

Laurent Wauquiez a commandé une étude menée par un cabinet d’ingénieurs indépendants sur le projet de création d’un « RER à la lyonnaise » dont le monde politique parle depuis des années, et les résultats semblent être encourageants. Ce RER serait « la certitude d’avoir un TER tous les quarts d’heure en période de pointe et des horaires amplifiés : tôt le matin et tard le soir ». Cependant, selon lui ce projet ne saurait aboutir sans la rénovation du cœur du système: la gare de la Part-Dieu. Ce chantier a été lancé durant son mandat, et il aboutira sur la création d’une nouvelle voie afin d’augmenter le nombre de trains, notamment vers l’Ouest Lyonnais.  De plus, il souhaiterait rouvrir des gares dans le Sud Lyonnais afin de lutter contre l’isolation de certains villages de la Région.

Cependant, le projet du RER n’a toujours pas abouti durant son mandat et des reproches lui sont adressés pour n’avoir pas ouvert de nouvelles lignes de TER.

La culture: le refus du communautarisme

Un mot d’ordre: le refus de l’accommodement avec le communautarisme. C’est dans cette optique que Laurent Wauquiez a refusé le financement par l’Arabie Saoudite à hauteur d’un million d’euros du centre culturel musulman de Lyon.

Dans un tweet du 17 avril, Laurent Wauquiez déclarait: “Je constate la montée des communautarismes à tel point qu’on risque une libanisation : l’implosion de la cohésion nationale, remplacée par des communautés de plus en plus agressives. Cessons de tergiverser : l’immigration doit être arrêtée tant qu’on n’a pas réussi à intégrer.“

Il a également dénoncé l’approche de la ville de Grenoble qui a selon lui financé une association islamiste – le CCIF (Le Collectif contre l’islamophobie en France) ; ou qu’il estime avoir des positions ambiguës sur la semaine de la décolonisation. Lui ne veut aucune ambiguïté sur ces sujets car cela “porterait atteinte à la République”. 

Les entreprises: produire et consommer localement !

C’est dans l’entreprise de Rocle que Laurent Wauquiez a décidé de faire son discours de candidature le 11 mai dernier car elle porte pour lui la fierté de la création bleu blanc rouge en Auvergne-Rhône-Alpes. Et en effet, la relocalisation est le troisième grand axe du programme du candidat avec un plan massif d’accompagnement.

Mais afin de soutenir les entreprises, il dit également avoir simplifié “la paperasse administrative” en créant des dossiers de moins de cinq pages pour les dispositifs régionaux chaque fois que cela était possible. Il affirme que l’Auvergne Rhône-Alpes est la région la mieux “gérée de France”. Ainsi, au cours de son mandat il a lancé un grand plan de lutte contre le gaspillage qui s’est par exemple concrétisé à travers la baisse de 10 % des indemnités des élus et des jours de congés de 29 à 25 jours, ou encore l’augmentation du temps de travail. Mais désormais, dans un monde post-covid, il compte surtout sur l’effet de levier pour relancer l’économie, sans pour autant augmenter le déficit pour les générations futures. Pour se faire, il compte sur le “protectionnisme régional” et la fierté industrielle locale.

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